La preuve par l’expérimentation

La pauvreté ailleurs :

En Afrique, les expériences se multiplient et relocalisent les personnes comme les activités, avec des versements directs sur le téléphone, ce qui évite les détournements et la corruption.

Au Kenya, une 1ère expérimentation près du lac Victoria en 2016 a montré une réduction de la faim, des investissements dans des toits en métal et des animaux de ferme, un mieux-être psychologique sans augmentation de la consommation d’alcool ni de tabac ! Depuis, l’ONG GiveDirectly touche 6000 personnes qui ont réparé leur maisons, lancé une entreprise grâce à l’achat d’outils de travail et investi dans une tontine collective (pot commun attribué selon les besoins et sur décision collective). La sécurité individuelle a permis la dignité et la solidarité.

En Ouganda, 12000 jeunes ont reçu en un versement unique, un an de salaire. Ils ont pu se financer une formation, acheter un commerce ou de la nourriture. Leur chance d’être embauché-e a augmenté de 60% et leur revenu (au-delà de l’aide elle-même) de 50% ! Une autre expérimentation auprès de 1800 femmes a montré les mêmes résultats !

En Namibie, sur un village d’environ 1000 habitants pendant 2 ans,grâce à un revenu mensuel suffisant pour vivre, on a observé :

  • une baisse du chômage de 60 à 45%,
  • une baisse de 42% de la criminalité,
  • une baisse de 42% de la malnutrition infantile,
  • une baisse de 40% de l’absentéisme scolaire,
  • la mise en place de micro-entreprises qui ont permis +300% de revenus en moyenne et +29% de revenu/habitant
  • l’arrêt de l’émigration vers les grandes villes.

En Inde, en seulement 18 mois sur 5500 personnes, on a observé une meilleure nutrition dont +25% de filles atteignant le poids normal, des investissements dans l'habitat, et une diminution de l’anxiété de 13,4%. Mais aussi un désendettement des familles avec une épargne triplée, l’assiduité à l'école a également triplé, avec deux fois plus de filles inscrites et des résultats scolaires améliorés de 68%.

Au Brésil, 100 habitants d’un petit village ont reçu l’équivalent de 4,4% du salaire minimum pendant 6 ans et ont amélioré leur nutrition, vêtements, conditions de vie et de santé (surtout pour les enfants). Ils ont construit et amélioré leur habitation, leurs relations de travail ainsi que leur autonomie économique, notamment en se lançant dans l’auto-entreprenariat et la mise en place d’un système de microcrédit autogéré. Ils ont ressenti plus d'estime de soi, de meilleures interactions sociales, plus de sécurité et de projection dans le futur. Notons par ailleurs qu’aucune augmentation de la consommation d'alcool ni de drogues illicites n’a été relevée.

Dans la banlieue de Rio, 42 000 personnes reçoivent un revenu de base en monnaie locale depuis fin 2019, ce qui leur a permis de mieux vivre la crise sanitaire pour acheter les produits de base au supermarché et à la pharmacie, personne ne vit dans la rue, on ne voit aucun signe de découragement mais des conditions de vie plus décentes et l’économie locale continue de tourner !

A Stockton, USA, 125 habitant-es ont reçu 500 dollars mensuels pendant 18 mois et les dépenses se sont réparties ainsi : 40% pour la nourriture, 24% pour d'autres produits du quotidien, 11% régler les factures et 9% pour l'essence, puis de façon plus négligeable : la réparation de véhicules, les consultations médicales, les frais éducatifs, voire les dons d'ordre caritatif.

Plus près de chez nous :

À Londres en 2009, Partant du coût estimé d’un Sans-abri pour la société, 13 ont reçu un versement de 3 000 livres et une question : « Qu’est-ce qui est bon pour vous, à votre avis ?» . Résultats : 11 d'entre eux sont sortis de la rue en ne dépensant en moyenne que 800 livres la 1ère année, en objets (téléphone, passeport, dictionnaire…) ou en réinsertion sociale et familiale (cours de jardinage, de cuisine..., traitements pour se défaire de leurs addictions, visites à leurs familles…). Le coût porté par la communauté a ainsi été divisé par 8 !

En Finlande, 2000 chômeurs et chômeuses tiré-es au sort pendant 2 ans ont reçu un montant pourtant insuffisant pour vivre (560 euros mensuels) : ils ont déjà ressenti moins de symptômes de stress, moins de difficultés de concentration et moins de problèmes de santé… et par contre  ils évoquent plus de confiance en l’avenir !

En Allemagne, 124 personnes ont été tirées au sort et ont reçu 1000 euros par mois pendant 1 an. Elles ont investi, financé des études, payé leurs dettes… avec une augmentation du bien-être : manger des fruits et plus souvent de la viande, mieux dormir, se sentir plus tranquille et sans peur de la précarité.

En France, l’association Mon Revenu de Base a répliqué l’expérience allemande : 6 personnes tirées au sort ont reçu 1000 euros par mois pendant un an. Les participant-es ont vécu une baisse du stress grâce à la sécurité financière, une meilleure nutrition et un meilleur sommeil. Ils se sont permis des soins médicaux, un passage chez le coiffeur et un restaurant ponctuellement. Ils ont aussi investi dans le permis, la voiture ou des travaux dans la maison et ont aidé leurs proches et fait la fête avec des amis !

A Barcelone enfin, 1000 ménages pauvres tirés au sort ont reçu une aide pendant 2 ans et déjà au bout d’un an, on notait une amélioration de 11% du bien-être général, - 8% de l’indice de privation et -18% d’inquiétude de ne pas avoir assez de nourriture, - 3% de la nécessité d’obtenir de l’argent par des moyens autres que l’emploi et -10 % de maladies mentales. Parallèlement, on a constaté un ressenti de +28% du bonheur et de la satisfaction générale vis-à-vis de la vie, ainsi qu'une augmentation significative de l'engagement et de la participation à la vie de quartier et au sein de la communauté.

Sur le long terme :

Depuis presque 40 ans d’expérimentation, et même si le versement annuel est loin d’être suffisant pour vivre, l’Alaska voit la dépendance économique et les inégalités baisser d’année en année. Les 650 000 habitants paient leurs dettes, épargnent pour la retraite, font de plus longues études et seule une petite minorité est passée à temps partiel.

En Caroline du Nord, Etats-Unis, dans une réserve indienne, 16 000 Cherokees reçoivent depuis 1996 une rente semestrielle, insuffisante pour vivre. On note cependant une baisse de 50% de la pauvreté, -40%, de criminalité, une chute des abus d'alcool et de drogue, une baisse des troubles psychiatriques, du redoublement en lycée et de l’abstention aux élections mais une augmentation des diplômés, et une amélioration de l’éducation parentale.

Quant au Brésil qui a inscrit le revenu de base dans sa constitution en 2008, 12 millions de familles pauvres dont 40 millions d’enfants sont sorties de l’extrême pauvreté.

Retrouvez la carte des expérimentations passées et en cours sur https://framacarte.org/fr/map/experimentations-de-revenu-de-base_58126#6/51.000/2.000

Comme nous sommes loin des préjugés sur « les pauvres » !

La sécurité individuelle en termes de nutrition, de santé, de logement comme d’estime de soi permet d’investir l’avenir et de s’engager auprès de ses proches comme de la communauté !

Alors, moi, je signe l’ICE !

Initiative citoyenne européenne

« Nous demandons à la Commission Européenne de soutenir activement les pays membres dans l’introduction d’un RBI (Revenu de base inconditionnel) qui assure à chaque personne une subsistance matérielle et l’opportunité de participer à la société ».

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