Nous vivons dans l'illusion que le mérite individuel dicte nos trajectoires.
Pourtant, en 2026, la réalité est devenue plus héritocratique que méritocratique : deux tiers des possessions des retraités proviennent de l'héritage et de la valorisation passive de leurs biens, échappant en grande partie à l'impôt redistributif. Bien que la République investisse massivement dans la formation de chaque jeune (entre 150 000 et 240 000 euros), l'accès à la propriété foncière et aux moyens de production reste le privilège des classes supérieures.
Résultat : une précarité qui se prolonge trop souvent au-delà de 30 ans, et des finances publiques exsangues puisque la proportion de contributeurs nets vie-entière est tombée à 44 %. Inventer le mot « méritocratie » en 1958 servait précisément à Michael Young à en dénoncer les pièges et, espérait-il, à prévenir les crises démocratiques.
Lors de cette Agora, nous débattrons de ce constat et étudierons un mécanisme de rupture : les donations en capital par avances successorales inversement proportionnelles à l’âge. Une piste majeure pour sécuriser l'avenir de la jeunesse et rétablir l'équilibre de nos caisses de solidarité.
Denis Consigny : Ingénieur, administrateur de L’Association pour l’instauration d’un Revenu d’existence (AIRE) et président de l’Association intergénérations pour le capital universel (AICU)