Derrière chaque engagement pour le revenu de base, il y a une trajectoire singulière. Celle de Guy Valette nourrit une réflexion de longue date sur la justice sociale. Membre fondateur du MFRB, il fait partie de celles et ceux qui, depuis plus de dix ans, sèment des idées et ouvrent des horizons. Entre écriture et transmission, il souhaite contribuer à une société plus digne et apaisée. Rencontre avec un homme qui invite à repenser le monde.

1 – Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Guy Valette, après des études d’ingénieur j’ai bifurqué dans l’enseignement où j’ai été successivement professeur de génie électrique, puis chef des travaux et ensuite personnel de direction à l’Éducation nationale. Au cours de ma carrière professionnelle j’ai travaillé à Paris, à Saint Denis, en Martinique, au Mexique, et au Maroc. Depuis 2010, je suis retraité.

2 – Qu’est-ce qui t’a motivé à rejoindre le MFRB ?

Déjà dans les années 90 au Mexique, à la lecture d’un article de Yoland Bresson sur le revenu d’existence, j’ai compris que l’heure était venue pour cette belle idée. A mon départ à la retraite, j’ai adhéré à l’AIRE et j’organisais les réunions mensuelles au Lycée Louis le Grand avec Yoland Bresson. Très rapidement, j’ai ressenti le besoin de dépasser le cadre d’une réunion d’experts pour aller vers une plus grande diffusion de cette belle idée.
En mars 2013, j’ai participé à la création du MFRB.

3 – Qu’elle est ton rôle dans l’association, dans quelles actions t’impliques-tu et pourquoi ?

Depuis 2013, j’ai participé à l’organisation des divers événements du mouvement. Dans un souci de diffusion au plus grand nombre j’ai créé un blog : La science du partage, où à travers de nombreux articles, j’analyse et explique ce qu’une allocation d’existence universelle changerait concrètement dans le quotidien de chacun et chacune d’entre nous. J’ai aussi écrit un ouvrage : L’allocation universelle d’existence, la protection sociale du XXI° siècle.
J’ai participé à de nombreuses conférences sur ce sujet et jusqu’à cette année, j’étais administrateur du mouvement.

4 – Et toi, que ferais-tu avec un revenu de base ?

Avec le droit à la retraite, j’ai déjà l’équivalent d’un revenu d’existence. Je pense à mes parents. Mon père artisan s’est tué à la tâche, il est décédé à 60 ans, ma mère qui a travaillé à ses côtés sans jamais cotiser a dû vivre avec une petite pension de retraite. Avec un revenu d’existence, mon père aurait pu embaucher une secrétaire ou un ouvrier supplémentaire et ainsi prendre un peu de temps pour se reposer, ma mère tout en travaillant dans l’entreprise
familiale aurait été assurée d’avoir des revenus suffisants tout au long de sa vie.

5 – Que dirais-tu à une personne pour l’inciter à rejoindre le MFRB ?

Nous ne convaincrons les responsables politiques de travailler sur une loi d’instauration d’un revenu universel d’existence, que si nous avons réussi à convaincre le plus grand nombre de nos concitoyens que l’heure est venue pour cette belle idée ; que seule une véritable Sécurité sociale universelle qui assure contre tous les risques de l’existence l’ensemble de la population, nous permettra à la fois d’affronter la nécessaire transition écologique et les
mutations à venir dans le monde du travail avec l’Intelligence artificielle.
Pour cela il ne suffit pas d’être convaincu·e, il faut aussi donner de son temps pour convaincre autour de soi.