Dans son dernier article, Guy Valette défend l’allocation universelle d’existence comme un bien commun fondamental, intégrée au cœur d’une Sécurité sociale universelle rénovée. Elle garantirait les droits essentiels de chacun·e, simplifierait le système d’aides et refonderait la solidarité sur un modèle plus juste et collectif.
Les hommes vivent et ne peuvent vivre que sur l’idée qu’ils ont quelque chose en commun où ils peuvent toujours se retrouver (…) un lieu commun où les hommes ont une solidarité́ toute prête. Albert Camus, Extrait de conférences et discours (1936 – 1958)
L’UNIVERSEL ET LE COMMUN
L’universel c’est forcément individuel et pour tout le monde. Si c’est pour tout le monde, c’est inconditionnel, car poser des conditions c’est exclure. Si tout le monde y a droit, c’est aussi un bien commun.
Pour appréhender cette belle idée d’une allocation universelle d’existence inconditionnelle (AUE) versée sans contrepartie, il est important de définir ce qui est universel dans notre condition d’être humain, de ce qui est nécessaire à chacun , où qu’il soit, quoi qu’il fasse, pour être pleinement un acteur social dans sa communauté politique. Nécessités vitales qui fondent les droits universels à l’existence, tels que ceux définis dans la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 (Voir l’Annexe 2). C’est en particulier le droit à l’accès aux soins médicaux tout au long de la vie, le droit à l’éducation et à l’instruction, le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer l’alimentation, le logement, l’habillement, pour soi et sa famille, l’accès à l’eau potable, à l’énergie, le droit de se déplacer librement. Pour la mise en œuvre de tous ces droits et faire en sorte que personne n’en soit privé, il faut mettre en commun les ressources nécessaires grâce à la solidarité de tous les membres de la communauté.
Un bien commun, c’est un bien universel auquel tout le monde a droit. Un bien commun, c’est une ressource partagée, gérée collectivement par une communauté́ dans le but de la préserver tout en permettant à tous et toutes de l’utiliser. Gaël Giraud, économiste.
Allocation d’existence, bien commun et Sécurité sociale universelle
Bonjour cher·es ami·es,
Une forme nouvelle de lutte des classes semble émerger : dans nos économies tertiarisées, l’économique ronge peu à peu le reste de ce qu’André Gorz appelait la société civile. Ce n’est pas pour rien si, lors de la votation suisse, les fonctionnaires ont le moins voté pour un revenu universel. Il y a d’un côté, celleux qui subissent l’administratif et de l’autre, celleux qui en vivent.
Qui détient l’argent détient le pouvoir. S’il doit y avoir une démocratie, alors tout le monde doit pouvoir accéder à l’argent.
Bien à vous.
Arthur
Oui, l’argent, qui est le pouvoir social concret et effectif selon Marx, est la condition d’exercice des droits et des libertés fondamentaux et de la citoyenneté. Sans argent, il n’y a aucune liberté à exercer, aucune sauvegarde de la dignité humaine possible. Merci de votre article.