Relais : d’une génération à l’autre, ne lâchons pas le témoin
Ce texte est l’édito qui ouvrait l’infolettre du mois d’avril 2026.
Nous sommes les héritiers d’un modèle social bâti à force de luttes. La Sécurité sociale, née en 1945, en est le symbole le plus fort : une réponse collective aux risques de toute une époque. Solidarité, mutualisation, protection. Ces mots n’étaient pas abstraits. Ils correspondaient à une réalité vécue, à des vies concrètement sécurisées.
Mais le monde a changé. Et c’est aux jeunes générations que nous léguons quelque chose de plus fragile : un environnement abîmé, un marché du travail bouleversé, des trajectoires de plus en plus discontinues et incertaines.
Alors notre responsabilité est simple à formuler, même si elle est exigeante : ne pas seulement préserver ce qu’on a reçu, mais l’adapter. Le prolonger. C’est exactement là que le revenu de base prend tout son sens.
L’ampleur des mutations en cours est réelle. Automatisation, robotisation, intelligence artificielle. Le travail se reconfigure sous nos yeux. L’Organisation internationale du travail estime qu’un quart des emplois vont être profondément transformés. Ce n’est pas une projection lointaine. C’est déjà en cours.
La crise du Covid a été un révélateur brutal : selon l’Observatoire de la vie étudiante, près d’un étudiant sur deux a vu sa situation financière se dégrader. Beaucoup ont cumulé des emplois précaires, souvent au détriment de leurs études. Et les bourses, quand elles existent, ne couvrent pas toujours les situations les plus fragiles.
Ce que veulent les jeunes générations, ce n’est pas un emploi unique et linéaire pour toute une vie. Elles aspirent à des parcours pluriels. Faits d’engagements, de transitions, d’expérimentations. Ce n’est pas de l’instabilité : c’est une autre façon d’habiter le monde et le travail.
Le revenu de base, pour elles, ce serait un levier concret : pouvoir se consacrer pleinement à ses études, ne pas accepter n’importe quel job par nécessité, s’engager, citoyennement, socialement, écologiquement sans que cet engagement soit un luxe réservé à ceux qui en ont les moyens.
Ce n’est pas encourager l’inaction. C’est redonner du pouvoir d’agir.
Ainsi, après avoir hérité d’un système protecteur, notre devoir n’est pas seulement de le conserver, mais de le prolonger.
Donner aux jeunes un revenu de base, c’est leur transmettre bien plus qu’un soutien financier : c’est leur offrir la capacité de choisir, de s’engager et de construire librement leur avenir.
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