Le cofondateur de Facebook, Chris Hughes, vient de lancer une initiative de 10 millions de dollars avec d’autres grands noms pour déterminer si le revenu de base est une solution efficace.

Adaptation française : Fanny Vidalenche

Plus de 100 experts de la Silicon Valley, de groupes militants et du milieu universitaire se sont associés pour découvrir l’idée la plus populaire de lutte contre la pauvreté.

Annoncé le 8 décembre, le Projet de Sécurité Economique (ESP) est un fonds à deux ans de 10 millions de dollars qui permettra de découvrir tout ce qu’il y a à savoir sur le revenu de base universel, un système de répartition des richesses dans lequel chaque citoyen reçoit une allocation mensuelle pour couvrir ses besoins de base.

La coalition contient un éventail de personnes à l’esprit d’avenir, y compris le président de Y Combinator Sam Altman, le co-fondateur de GiveDirectly Michael Faye et Robert Reich, ancien secrétaire du Travail et actuellement professeur à l’Université de Californie, à Berkeley.

L’ESP est co-présidé par Natalie Foster de l’Institut pour le Futur, Chris Hughes, co-fondateur de Facebook et Dorian Warren, membre de l’Institut Roosevelt. Les fonds soutiendront six organisations conçues pour enquêter et plaider en faveur de politiques de transfert de liquidités, y compris le Centre pour la démocratie populaire et le fond de bienfaisance GiveDirectly.

Le revenu de base a connu une série d’études prometteuses ces dernières années.

Des chercheurs de pays comme le Kenya, la Tanzanie et le Honduras ont constaté à maintes reprises que les transferts directs en espèces – donner aux gens de l’argent sans contrepartie – tendent à améliorer la vie des individus sans entraîner des comportements malsains comme la consommation d’alcool ou la toxicomanie.

Toutefois, à l’exception de quelques petits cas, tels que le Fonds permanent de dividendes en Alaska et l’expérience Dauphin au Manitoba, l’Amérique du Nord n’a jamais connu de revenu de base mis en pratique grandeur nature. L’ESP pourra répondre à cette question en suspens : que se passe-t-il dans les régions où les revenus ne sont pas en-dessous du seuil de pauvreté ?

« Nous avons plus de questions que de réponses », a déclaré Hughes récemment, selon Quartz. « Mais nous savons que nous pouvons nous unir autour de l’idée que la sécurité financière devrait être un droit humain et que l’argent est un outil mal utilisé. »

Selon les dernières données, les inégalités de richesse sont plus importantes que jamais.

De nombreux adeptes du revenu de base considèrent cette stratégie comme une solution élégante à ce grave problème. Non seulement le revenu de base est efficace (du moins à petite échelle), mais en plus l’idée est attrayante pour les deux bords politiques. Les libéraux apprécient la prise en charge des pauvres et des opprimés. Les conservateurs apprécient de réduire le rôle du gouvernement et de mettre l’argent entre les mains des gens, qui peuvent l’utiliser comme bon leur semble.

Jusqu’à ce qu’il y ait davantage de données, cependant, le revenu de base restera une théorie prometteuse. Pour le faire pénétrer dans le monde réel de la politique, un certain nombre d’organisations ont conçu leurs propres expériences.

Le plus important est l’expérience de GiveDirectly au Kenya et en Ouganda, où 6 000 personnes recevront un revenu de base pendant 12 ans. Aux États-Unis, l’expérience la plus prometteuse est celle de Y Combinator à Oakland, en Californie. À partir de l’année prochaine, environ 100 familles de tous niveaux de revenu recevront 2 000 $ par mois. Une fois le succès du projet pilote avéré, une expérience plus large se poursuivra les prochaines années.

Pour Sam Altman, président de Y Combinator, la fenêtre d’expérimentation du revenu de base se referme à une vitesse inconnue. Au fur et à mesure que l’automatisation robotique déplace davantage de travailleurs américains, le besoin croît pour une alternative aux salaires basés sur le travail.

Ainsi, comme Altman l’explique, il a encore besoin de nouvelles données pour savoir si le revenu de base mérite son soutien plein et entier. « J’espère que l’ESP m’aidera ainsi que d’autres personnes intéressées à clarifier le sujet », a-t-il dit.

« Intuitivement, cette idée de plancher sans plafond me séduit », a-t-il dit à Business Insider. Avec le revenu de base, les gens pourraient faire ce qu’ils veulent sans avoir peur de tomber dans la pauvreté – une caractéristique qui le distingue du socialisme.

« Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne approche », ajoute Altman, « c’est pourquoi je veux approfondir la question. »


Article original de Chris Weller sur le site Business Insider.

Photo : Pixabay, geralt.