Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) est co-signataire d’une tribune forte portée par le collectif “Il faut bien que jeunesse se fâche”, qui alerte sur une injustice trop souvent invisible : pour de nombreux·e·s jeunes issu·s de familles modestes, travailler ne permet pas de s’émanciper…mais peut au contraire appauvrir leur foyer.

« Quand je bosse, ma famille s’appauvrit encore plus » : cette phrase choc de cette tribune expose au grand jour un mécanisme socio-fiscal paradoxal : les revenus des jeunes (jobs étudiants, apprentissage…) sont intégrés dans le calcul des aides sociales familiales, entraînent souvent une baisse du RSA, des APL ou des allocations. C’est la « double peine » pour ces jeunes, qui se retrouvent coincé·e·s entre une solidarité familiale imposée, et la difficulté à devenir autonomes pour construire leur vie d’adultes.

À travers des témoignages concrets, le collectif met en lumière une réalité sociale révoltante : celle d’une jeunesse qui ne peut s’en sortir.
Entre une impossibilité d’épargner, une pression implicite pour soutenir financièrement le foyer, et des perspectives d’émancipation qui se trouvent freinées, c’est tout un pan de la population qui se retrouve piégé dans une forme de dépendance subie. Or cette situation n’a rien d’une fatalité : elle est le résultat de choix politiques et économiques. Et elle est d’autant plus insupportable qu’elle coexiste avec des dispositifs fiscaux bien plus favorables aux ménages les plus aisés, contribuant à creuser les inégalités et à verrouiller les mobilités sociales.
Ce déséquilibre n’est pas seulement injuste, il est systémique.

Le MFRB s’inscrit dans le plaidoyer porté par ce collectif, en cohérence avec son engagement pour une réforme en profondeur du système de protection sociale, et parce que nous défendons un revenu de base qui garantirait à chacun·e une autonomie réelle dès l’entrée dans l’âge adulte.

Ce partenariat n’est pas nouveau : en effet, Rim et Nadir, deux membres du collectif, étaient déjà intervenu·e·s aux États Généreux du revenu de base, lors de la table ronde : « Un revenu pour les jeunes, un premier pas vers un revenu de base ? ».
Une réflexion portée aussi très récemment par Nadia Bouallak, dans son édito qui plaide pour un revenu universel jeunes.

Faire entendre la voix de ces jeunes est une étape essentielle pour construire des politiques plus justes et dignes, à la hauteur des réalités vécues par la jeunesse aujourd’hui.

C’est pourquoi le MFRB propose qu’un revenu universel et inconditionnel jeune soit mis en place pour favoriser l’émancipation et l’accès aux études et au travail sans dépendre de leur famille ni la pénaliser.

Leur accès aux études ne dépendrait plus des possibilités de soutien de leurs parents ou de bourses conditionnelles, et leurs déclarations fiscales indépendantes éviteraient les effets de bords sur leurs familles.

Pour les étudiants, les jobs d’été ou les temps partiels de complément ne seraient plus pénalisés.

Pour les jeunes travailleurs, les premiers contrats partiels ou à durée limitée seraient possibles pour acquérir les premières expériences favorisant leur accès à des CDI plus stables et rémunérateurs.

En parallèle de cette tribune, un appel à témoignages est lancé pour documenter ces situations et nourrir le débat public : Quand tu bosses, les aides de tes parents diminuent

Pour en savoir plus sur le collectif “Il faut que jeunesse se fâche” : https://aequitaz.org/collectifs/jeunesse-se-fache