La France, patrie des Droits de … l’Enfant ? Vraiment ?
On ne peut renvoyer les parents, enseignant.es et autres éducateur.ices à leur responsabilité individuelle sans, en amont, assumer notre responsabilité collective : alors que la France est la 7ème puissance mondiale, + de 3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté.
Quelques chiffres pour situer l’urgence d’agir de façon radicale et globale pour assurer à nos enfants leurs droits les plus élémentaires, extraits des site UNICEF France :
https://www.unicef.fr/actions-humanitaires/observatoire-des-droits-de-lenfant/ et https://my.unicef.fr/article/la-cide-expliquee-aux-enfants/
Références aux expérimentations de Revenus de Base ici : https://framacarte.org/fr/map/experimentations-de-revenu-de-base_58126#3/25.562265/-40.429688
Démographie : Les 14,5 millions d’enfants habitant en France représentent 21% de la population. Le taux de natalité baisse (1,53 enfants par femme en moyenne) et l’âge moyen à la maternité recule (31 ans), liés à l’incertitude économique des jeunes adultes, difficultés d’accès au logement, etc.
Avec un Revenu de base : dans plusieurs pays, les naissances augmentent et l’âge de maternité recule.


Environ 25 % des familles sont monoparentales, souvent confrontées à des conditions de vie plus précaires.
Avec un Revenu de base :
USA et Canada : diminution du temps de travail de 9 à 27 % chez les mères isolées

Un enfant sur 250 meurt avant son 1er anniversaire en France : pour les prématuré.es, par un manque de lits de néonatologie ou des difficultés de transfert vers les structures adaptées, puis chez les familles en situation de précarité, les mères très jeunes ou de plus de 35 ans, ainsi que dans certains territoires d'outre-mer. Les rapports pointent des failles dans le suivi avant, pendant et après la grossesse.
Avec un Revenu de base : USA : augmentation du poids des nouveaux-nés
Le suicide est la 2e cause de mortalité chez les adolescent.es (+ de 400 / an). Ce phénomène complexe résulte de nombreux facteurs : biologiques, psychologiques, sociaux mais aussi environnementaux, principalement les troubles psychiques, les antécédents familiaux, l’appartenance à un groupe vulnérable, les conditions de vie précaires, l’isolement, l’exposition à des violences, etc.

Pauvreté :
L’indicateur de privation matérielle et sociale concerne 15,9% des enfants. Il rend compte de la proportion d’enfants dans des ménages qui ont moins de 5 sur 13 éléments essentiels : un logement chauffé, un repas protéiné / 2 jours, des vêtements corrects ou des activités de loisirs… Ce taux est supérieur à la moyenne européenne et témoigne des difficultés économiques des familles et des privations quotidiennes des enfants.

Avec un Revenu de base, répartition des dépenses : USA : 40% de la somme allouée sert à acheter de la nourriture, 24% pour d'autres produits du quotidien, à hauteur de 11% pour le règlement de factures et à 9% pour acheter de l'essence, puis de façon plus négligeable : la réparation de véhicules, les consultations médicales, les frais éducatifs, voire les dons d'ordre caritatif.
Allemagne : Stabilité financière d’abord, solidarité ensuite : en moyenne 450 € par mois en plus économisés et font des dons 2 fois plus élevés, même après la fin, et ils donnent 2,5 fois plus à leur famille et à leurs amis. D'où une satisfaction accrue du sentiment d'altruisme.+ Augmentation de la consommation, à la hauteur de la tranche supérieure de revenus, ni plus ni moins. Par mois : presque 180 euros pour les vacances, presque 40 pour les loisirs et pour les vêtements, presque 20 pour la mobilité et les besoins quotidiens, 5 euros pour l’habitat et l’énergie.
Alaska : paiement des dettes par les particuliers, épargne pour la retraite + baisse des inégalités
USA : déclin significatif de la pauvreté : baisse de 50% de Cherokees vivant sous le seuil de pauvreté par rapport en 1996
France : - investissement dans le permis, la voiture, des travaux dans la maison, aide aux proches, fête avec des amis, coiffeur et restaurant ponctuels
Brésil : achats au supermarché et à la pharmacie, pour acheter les produits de base, - l’économie locale continue de tourner malgré la crise sanitaire, des conditions de vie plus décentes, - personne ne vit dans la rue, aucun signe de découragement
En dix ans, la pauvreté infantile a augmenté de 2,6 points et risque de s’aggraver dans un contexte socio-économique instable. Notez que certains publics ne sont pas recensés, souvent les plus vulnérables : dans les Outre-mer ou les enfants sans domicile ou en institution.
Avec un Revenu de Base : Inde : désendettement des familles, épargne triplée
Nutrition : En 2022, 22 % des familles était en situation de précarité alimentaire, soit + d’1 famille sur 5 ! Hausse directement liée à la montée de la pauvreté et à l’inflation, avec des conséquences grave sur la santé des enfants, leur développement et leurs apprentissages.
Avec un Revenu de Base : Kenya : réduction de la faim
Namibie : 42 % de malnutrition infantile
Inde : amélioration de la nutrition, +25 % de filles atteignant le poids normal
Brésil : - améliorations en termes de nutrition, de vêtements, de conditions de vie, de santé (particulièrement pour les enfants)
Espagne : réduction de 8% de l’indice de privation et jusqu’à 18% moins d’inquiétude de ne pas avoir assez de nourriture
Allemagne : augmentation du bien-être : manger des fruits, plus souvent de la viande, mieux dormir, se sentir plus tranquille, sans peur de la précarité
Mal logement : en 2023, 27,1 % des enfants (soit + d’1 enfant sur 4!) vivaient dans un logement avec des fuites ou des moisissures, sans compter encore des cas de saturnisme dans des logements insalubres pollués au plomb.
Avec un Revenu de Base : Kenya, Brésil et Inde : investissement dans l’amélioration de l’habitat.

Santé :
En 2025, la France affiche un taux de couverture des services essentiels estimé à seulement 81 %. Donc 1 enfant sur 5, vivant dans la pauvreté ou dans des zones rurales, peuvent rencontrer des obstacles plus importants d’accès à la prévention ou la prise en charge des maladies chroniques par exemple.
Autre exemple, les enfants les plus exposés à la pollution de l’air sont généralement les plus pauvres et les plus riches dans les grandes aires urbaines. Mais là où les ménages plus aisés ont la capacité à s’extraire temporairement ou durablement d’un environnement pollué (déménagement, vacances au vert), les plus précaires ont moins accès à des espaces verts ou naturels et leur état de santé est souvent plus dégradé : repas et sommeil de moindre qualité… Ils sont plus touchés par des leucémies liées au taux d’exposition aux particules fines par exemple.

Avec un Revenu de Base : Canada : - baisse de la fréquentation des hôpitaux de 8,5 % : forte diminution des accidents liés au travail, diminution des admissions aux services hospitaliers d'urgences pour des accidents de la voie publique ou des violences domestiques liées à la consommation d’alcool - baisse des consultations chez les généralistes, surtout liées aux troubles mentaux
Inde : Anxiété diminuée de 13,4%
Finlande : - moins de symptômes de stress, moins de difficultés de concentration et moins de problèmes de santé, + de confiance en l’avenir
Brésil : - améliorations en termes de nutrition, de vêtements, de conditions de vie, de santé (particulièrement pour les enfants)
Espagne : 11% du bien-être général et une augmentation de 1,4% du bien-être économique + -10 % de développement de maladies mentales, +28% du bonheur et de la satisfaction générale vis-à-vis de la vie,
Allemagne : plus de satisfaction et de sens dans sa vie, même après les versements, nette amélioration de la santé mentale et physique, notamment par une diminution du stress et un meilleur sommeil, plus de satisfaction dans la vie privée grâce à une meilleure qualité des relations sociales et un temps libre plus satisfaisant
Alaska : baisse des troubles psychiatriques
France : baisse du stress lié à la sécurité financière, meilleure nutrition, meilleur sommeil, soins médicaux
Vingt ans après la loi handicap de 2005, le nombre d'élèves en situation de handicap scolarisés a été multiplié par plus de 2, atteignant 560 000 enfants mais le manque de places ou d’accompagnant.es créent des années d’attente, des ruptures de parcours dont l’organisation et les frais pèsent beaucoup sur les familles, surtout les mères, accentuant les risques de précarité ou d'isolement professionnel.

Protection :
Toutes les violences envers les enfants augmentent : physiques, psychologiques et sexuelles, principalement intrafamiliales L'accumulation des facteurs de stress socio-économiques qui saturent les capacités d'adaptation des parents, augmentent l'exposition des enfants aux risques de maltraitance, de violences psychologiques et de négligence. Les données publiées par l'UNICEF ainsi que les rapports d'activité du GIP Enfance en Danger (le 119) montrent que la précarité n'engendre pas automatiquement la violence, mais qu’elle agit comme un puissant catalyseur et un facteur aggravant majeur.
Avec un Revenu de Base : Kenya : progression du bien-être psychologique
Kenya et Brésil : pas d’augmentation de la consommation d’alcool et de tabac

Les prises en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance ou la Police Judiciaire de la Jeunesse sont à la traine face à la hausse significative des besoins. Leurs interventions ne sont que curatives et les causes économiques ou médicales ne sont pas traitées. D’ailleurs, presque la moitié des Sans Domicile Fixe sont d'anciens enfants issus de l'ASE.
La baisse des ressources départementales (crise immobilière, inflation, salaires) entraine des délais d’attente pour de nombreux enfants qui ont reçu une mesure de protection par le juge mais qui ainsi restent en danger.
Avec un Revenu de Base : Namibie : - baisse de 42 % de la criminalité, -43 % pour les vols de bétail, -20 % pour les autres vols
USA : baisse des problèmes de comportement -40 %, de la criminalité : diminution des délits commis par les jeunes, chute de l'abus d'alcool et de drogue


La PJJ qui a pour objectifs d’éviter la récidive, de protéger et d’éduquer un enfant ayant commis des infractions en l’accompagnant dans sa réinsertion, a vu peu d’augmentation du nombre d’enfants pris en charge entre 2014 et 2023. Mais la moitié des mineurs pris en charge pénalement ont également fait l’objet d’un suivi au titre de l’enfance en danger. L’UNICEF souligne donc la nécessité de renforcer la détection et la protection des enfants contre toute forme de maltraitance (intrafamiliale ou institutionnelle).


Éducation :
L’enquête PISA en 2026 a montré que les résultats français continuent de baisser, atteignant un niveau historiquement bas depuis plus de 20 ans (avec une perte de 16 points en maths et 18 points en lecture entre 2022 et 2026). Pire, la France demeure l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE en matière de réussite scolaire, où l'origine sociale pèse lourdement sur les performances des élèves. L’éducation n’est donc plus un facteur d’ascenseur social car elle ne réussit plus à compenser les inégalités de revenu notamment, ce qui a évidemment une implication directe sur la reproduction des inégalités ainsi que la baisse de confiance en soi comme dans notre contrat social.
Avec un Revenu de Base : USA : hausse globale des notes et chute des taux de décrochage scolaire
Ouganda pour des jeunes de 16 à 35 ans : - financement de formations, achat de commerce ou de nourriture, +60 % de chances d’être embauchés, +50 % de revenu au-delà de l’aide
Canada : poursuite des études jusqu’au lycée pour les jeunes hommes
Namibie : -40 % d'absentéisme scolaire, +92 % de scolarisation
Inde : assiduité à l'école triplée, 66 % des filles inscrites contre 33 % dans les villages alentours et amélioration des résultats scolaires de 68 %
Espagne : augmentation significative de l'engagement et de la participation à la vie de quartier et au sein de la communauté.
Alaska : scolarisation plus longue, paiement des frais de scolarité
USA : - augmentation du nombre de diplômés, diminution des redoublements au lycée, baisse de l’abstention aux élections, surtout chez les jeunes, amélioration de l’éducation parentale
France : meilleure cohésion sociale, baisse du sentiment de précarité, projets de réinsertion professionnelle, activités plus choisies
Alors, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant,


nous réclamons l’instauration de l’ALLUNE et le rétablissement de Services Publics efficaces sur tout le territoire national.
Faisons connaître aux jeunes leurs droits (ce qui est déjà un de leurs droits!),

et demandons-leur ce qu’ils en pensent (ce qui est aussi dans leurs droits!),

individuellement et collectivement (encore un de leurs droits !!) !















